Présidentielle, législatives : 2012, année cruciale… pour le Timor Oriental

L’année du 10e anniversaire de l’indépendance du Timor-Leste, la partie orientale de l’île de Timor, est aussi celle de l’élection présidentielle en mars/avril suivie des législatives en juin/juillet. Et du retrait progressif des casques bleus de l’ONU après treize ans de présence pour assurer la paix. Une paix dont l’Eglise demeure le principal garant.

Première étape réussie pour des élections sans violence au Timor-Leste (nom officiel du Timor Oriental) : la présidentielle. Éliminé dès le premier tour (17 mars), José Ramos-Horta, président sortant du Timor-Leste et prix Nobel de la paix avec Mgr Carlos Felipe Belo évêque de Dili (1983-2002), figure emblématique  de la résistance à l’occupant indonésien, a cédé la place au vainqueur du second tour (14 avril), l’ancien chef de l’armée et guérillero José Maria de Vasconcelos alias Taur Matan Ruak (« yeux perçants » son nom de guerre en tetum, langue vernaculaire du pays). Instituteur issu d’une famille pauvre, Taur Matan Ruak a passé des décennies dans la jungle avec la guérilla en lutte contre les troupes indonésiennes qui avaient envahi le pays quelques mois après le départ des Portugais et la proclamation de son indépendance, en 1975.

La composition du nouveau gouvernement dépendra de l’issue des législatives qui auront lieu le 7 juillet. Mais le chef de l’Etat bénéficie d’une aura capable d’assurer la paix, alors que les casques bleus préparent leur retrait, prévu pour la fin de l’année. Ainsi s’achèvera treize ans de présence de l’ONU dans cette partie orientale de l’île de Timor, au Sud Est de l’archipel indonésien.

L’Eglise, meilleur atout pour la paix
L’implantation de l’Eglise catholique et le prestige que lui a valu son héroïsme dans la résistance à l’occupation indonésienne (
de nombreux prêtres et religieuses y ont perdu la vie) restent le meilleur atout pour la paix. Evangélisé depuis le XVIe siècle par les Portugais (qui laissèrent aux Hollandais la partie occidentale -à présent indonésienne- de l’île), le Timor-Leste compte aujourd’hui 98% de catholiques en grande majorité fraîchement convertis (de l’animisme) en raison du rôle exemplaire de l’Eglise  au cours des dernières décennies de violences et de persécutions inouïes : les catholiques n’étaient que 15% au début des années 70 !

Dans la perspective des échéances électorales de 2012, l’Eglise  a lancé une chaîne de prière et organisé une journée de la paix, le 21 février dernier. Celle-ci  a commencé par une marche d’environ 5 km conduite par Mgr Alberto Ricardo da Silva, évêque de Dili. Plus de 5 000 fidèles ont défilé à travers Dili en récitant le chapelet, prière entrecoupée de temps de méditation sur la paix. Outre de nombreux prêtres et séminaristes, religieux et religieuses, la procession de fidèles venus des sept paroisses de Dili comptait plusieurs centaines d’étudiants et d’écoliers, auxquels s’étaient joints des hommes politiques et des ambassadeurs étrangers. Mgr Ricardo s’est adressé au peuple timorais dans son ensemble, l’exhortant à tourner le dos à la violence pour « construire la paix avec la force de Dieu et la protection de Marie ». L’évêque a souligné la nécessité préalable de « convertir son propre cœur » et de réaliser « la paix dans les familles », avant de prier pour « des élections dans la paix et l’unité » et pour que « les Timorais vivent enfin dans l’harmonie comme une nation de frères ».

Cette vaste et fervente manifestation s’est achevée par un temps d’adoration eucharistique suivi d’une prière pour la paix dont la récitation se poursuivra jusqu’aux élections législatives. Le lancement de cette grande chaîne de prière intitulée « 111 jours de réflexion et de prière pour des élections pacifiques et démocratiques au Timor-Leste » s’est accompagné d’un lâcher symbolique de colombes et de ballons sur lesquels on pouvait lire « Changez vos cœurs, changez le monde ! »

 

Difficile mais indispensable pardon
La paix civile est un enjeu majeur pour cette ancienne colonie portugaise qui a dû lutter avec acharnement contre l’Indonésie musulmane. On estime qu’entre 1975 et 1999, année de l’intervention des Nations Unies, les massacres et multiples exactions (viols, enlèvements, stérilisations forcées) ont fait plus de 200 000 morts et disparus sur une population qui comptait alors 700.000 habitants : soit près du quart de la population ! Un génocide ignoré du monde et resté impunis  parce que  le Timor-Leste ne parvient pas à obtenir l’extradition des militaires indonésiens impliqués.  En raison des « transmigrants » implantés par le gouvernement de Jakarta après l’annexion forcée, le pardon entre familles des victimes et collaborateurs des anciens occupants  reste un défi permanent. Limitées aux seules violences qui ont accompagné le retrait des troupes indonésiennes en 1999, au cours desquelles les soldats et les milices à leur solde ont tué plus de 1300 personnes, les investigations menées entre 1999 et 2005 par l’Unité de recherches sur les crimes graves placée sous l’égide de l’Onu n’auront abouti au total qu’à la mise en examen de 400 individus, dont 84 reconnus coupables et emprisonnés…dont deux seulement restent aujourd’hui derrière les barreaux du fait de remises de peine et de la large amnistie accordée au nom de la réconciliation par le président sortant.

Les premières années du Timor-Leste depuis son indépendance effective en 2002 (après trois ans d’administration par l’Onu) ont été marquées par des recrudescences de violences, dont les plus importantes furent le soulèvement militaire de 2006 qui avait nécessité l’envoi de forces internationales afin d’éviter la guerre civile,  et les attentats contre le Président et le Premier ministre en 2008. Toutefois, le dernier rapport de l’International Crisis Group ( 21 février 2012) constatait que le pays était nettement plus calme que lors des précédentes élections.

Sources : Eglises d’Asie, Agence Fides, Dossier de l’AED n°23, Courrier International.

 

 

Votons avec une longue-vue !

Mon éditorial pour Liberté Politique (19 mars)

Nous allons donc déposer nos bulletins dans l’urne, dimanche prochain puis le 6 mai. Avec des pincettes ! Sans enthousiasme, sans illusion et peut-être après une ultime hésitation…Mais nous n’irons pas grossir le taux sans doute record des abstentionnistes -le premier parti de France ?-  parce quand bien même nous voterions sans le moindre espoir, nous ne laisserons pas s’éteindre la flamme de l’espérance ! Oh, bien sûr, on ne voit rien de bon à attendre de ce scrutin. Il est même hautement probable que le prochain quinquennat marquera un nouveau déclin de la France, une nouvelle descente dans la démagogie, la logorrhée,  le clientélisme, le piétinement des valeurs humaines les plus sacrées, la famille, le mariage, le respect de la vie de la conception à la mort naturelle, et jusqu’à l’identité sexuelle elle-même. Quant à l’économie, si les mesures annoncées par les deux principaux candidats étaient réellement mises en œuvre par eux (à vrai dire, personne n’y croit),  ce serait au mieux cautère sur jambe de bois, et plus vraisemblablement un bon lest pour accélérer la chute vers les abysses… (Hollande, plombé par Mélenchon, étant le grand favori pour nous faire toucher le fond).

Aucun espoir, donc, mais une espérance tenace, résolue, renouvelée  guidant une volonté affermie par l’adversité.  Celle que le lent et patient travail en profondeur accompli dans tout le pays ici même, par nos amis d’Ichtus, par ceux de l’Alliance Vita qui se dépensent sans compter pour lutter contre l’euthanasie, par ceux de la Fondation Lejeune pour soigner et défendre la personne blessée dans son intelligence mais à jamais intacte dans sa dignité, par l’Office Chrétien des Handicapés et par les foyers de l’Arche qui rendent un témoignage permanent à cette dignité, par les membres de l’Association des juristes catholiques et par tous ceux qui revisitent la doctrine sociale de l’Eglise et œuvrent à réhabiliter l’engagement politique trop délaissé pendant des décennies par des chrétiens tentés de se réfugier dans une spiritualité quelque peu désincarnée…Qu’on songe, pour ne citer que ces deux exemples, à l’investissement remarquable de membres de l’Eglise, clercs et laïcs, chacun à sa place, dans les « états généraux de la bioéthique », ou à la réappropriation de l’écologie -mais une écologie au service de l’homme- par la pensée chrétienne, le pape ouvrant la voie, là-aussi.

Oui, les temps ont changé. Plus question de ravauder ! Tous, nous avons appris à nos dépens ce qu’il en coûte politiquement d’avoir déserté le combat culturel, de nous être contentés pendant des décennies de saluer de loin nos racines chrétiennes au lieu de prendre la peine d’en puiser la sève, de nous en pénétrer et de la communiquer. Au travail donc, jour après jour, « goutte à goutte, heure par heure » (V. Hugo), travail personnel et collectif, travail relationnel et de présence accrue sur l’immense forum contemporain des réseaux sociaux.  Et que surtout ne fasse pas défaut à cette mobilisation intellectuelle un désir sincère d’unité dans la diversité, en un mot sœur Charité sans laquelle nous ne serions que des cymbales discordantes… Les zizanies, les querelles de chapelle, les combats d’ego, non merci, pas de ça, pas chez nous, plus chez nous, on en a soupé !

Jérôme Lejeune, un homme pour l’éternité

L’Eglise vient de franchir la première étape de l’enquête qui pourrait l’amener à proclamer la sainteté du grand savant et défenseur de la vie.

Il y avait plus de fidèles encore que les années précédentes à la traditionnelle Messe pour la vie célébrée à Notre-Dame de Paris, ce 11 avril. C’est que celle-ci suivait une cérémonie rare, et généralement moins populaire : la clôture de l’étape diocésaine du procès de béatification du professeur Jérôme Lejeune (1926-1994). Sans préjuger de l’issue que connaîtra à Rome ce procès, dont c’est la première étape, la force du symbole, dix-huit ans après la mort de Jérôme Lejeune, le dimanche de Pâques 3 avril 1994, n’échappait à personne. En solennisant ainsi cinq années d’enquête diocésaine, l’Eglise, en la personne de l’archevêque de Paris que représentait pour cette cérémonie de clôture Mgr Eric de Moulins-Beaufort, remettait déjà en pleine lumière un des acteurs majeurs du  grand combat pour la vie qui se poursuit encore, avec de nouveaux épisodes non moins cruciaux. L’un des principaux candidats à l’élection présidentielle et favori des sondages, François Hollande, n’a-t-il pas inscrit la légalisation de l’euthanasie dans son programme, tout en promettant de mettre en place des centres d’IGV dans tous les hôpitaux ? Le combat contre la « culture de mort » reste donc une priorité « non négociable ».

Certes, une chose est la justesse d’une cause, autre chose la sainteté personnelle de ses défenseurs. S’agissant de Jérôme Lejeune, ceux qui, comme l’auteur de ces lignes, ont eu le privilège de l’approcher, et même, comme journaliste, de l’interviewer, peuvent simplement témoigner de ce qu’ils ont vu, entendu et perçu comme dans un halo. Avec bien d’autres, je ne puis oublier ni la lumière qui émanait de sa personne, ni la clarté de son regard, ni la douceur de sa voix. Et sur ce velours, non pas dissimulée par lui mais comme posée sur un écrin, la lame d’une détermination inflexible.

Contre vents et marées

Découvreur du chromosome surnuméraire causant la trisomie 21, le Pr Lejeune, tout en s’acharnant à trouver une thérapie, mena contre vents et marées le combat contre l’avortement légal. Sa logique rendait sa position inexpugnable : il l’énonça d’emblée face au docteur Pierre Simon, cofondateur du Planning familial et ancien grand maître de la Grande Loge de France, dans cette  interview contradictoire que j’avais menée pour Le Figaro Magazine (5 mai 1979) auquel je collaborais alors. A la question : « Après quatre ans d’application de la loi Veil, êtes-vous toujours un adversaire résolu de cette loi ? », Jérôme Lejeune répondit en effet : « Médecin, je suis adversaire de la maladie et de la mort, et partisan résolu de la vie. Or l’avortement consiste à éliminer un être humain extrêmement jeune : c’est une sorte de racisme des vieux contre les très jeunes, des puissants contre les faibles ou, lorsque l’enfant est souffrant, des bien-portants contre les malades. Ce racisme-là est aussi laid et aussi dangereux que les autres… » L’article avait fait la couverture du Figaro Magazine, illustrée par le dessin très suggestif d’un oiseau s’apprêtant à fracasser son œuf…Quel journal grand public oserait aujourd’hui une telle illustration sur ce sujet plus que jamais tabou, en raison du nombre élevé de femmes ayant subi un ou plusieurs avortements du fait même de la loi Veil ? (On compte de nos jours en France un avortement pour quatre naissances !)

Une immense solitude

Mais dès le début, le combat pour la vie fut violent, implacable. Et à son niveau de chercheur de premier plan, Jérôme Lejeune le mena dans une immense solitude. Lui et sa famille, femme et enfants, en subirent les conséquences quotidiennes, tant le nom de Jérôme Lejeune était conspué, vilipendé sur les antennes, dans les journaux, sur les murs. Et il y aurait beaucoup à dire sur le silence, voire la réprobation, qu’il essuya de la part de certains membres de l’Eglise d’alors, spécialement en France. On ne pouvait lui pardonner le contraste entre son courage éclairé et la lâcheté rampante qui avait précédé le vote de la loi Veil (les « mémoires » du Garde des sceaux de l’époque, le regretté Jean Foyer, qui avait tenté en vain des démarches personnelles auprès de certains membres de la hiérarchie catholique pour obtenir une déclaration solennelle, sont confondantes à ce propos).

Le soutien et l’amitié de Jean Paul II

Heureusement, ou plutôt providentiellement, Jérôme Lejeune allait recevoir bientôt de la tête de l’Eglise mieux que de la compréhension et des encouragements, un appui et très vite une amitié indéfectibles de la part du pape Jean Paul II. On a pu en lire, sur le livret de la cérémonie de clôture de l’enquête diocésaine, un écho particulièrement significatif dans le message que le souverain pontife avait adressé à l’archevêque de Paris, le cardinal Jean-Marie Lustiger, en avril 1994, lors de la mort de celui que le pape nomme « notre frère Jérôme ». Citons-en quelques extraits en guise de conclusion : «…le professeur Lejeune a toujours su faire usage de sa profonde connaissance de la vie et de ses secrets pour le vrai bien de l’homme et de l’humanité, et seulement pour cela. Il est devenu l’un des défenseurs ardents de la vie, spécialement de la vie des enfants à naître qui, dans notre civilisation contemporaine, est menacée au point que l’on peut penser à une menace programmée. » Et Jean Paul II de poursuivre avec des mots qui prennent, dix-huit ans plus tard, des allures prophétiques : «Aujourd’hui, cette menace s’étend également aux personnes âgées et malades. Les instances humaines, les parlements démocratiquement élus, usurpent le droit  de pouvoir déterminer qui a le droit de vivre et, inversement, qui peut se voir dénier ce droit sans faute de sa part. De différentes manières, notre siècle a fait l’expérience d’une telle attitude, surtout pendant la dernière guerre mondiale, et aussi à la fin de la guerre. » En d’autres termes, le pape nous avertissait que de telles législations dites « permissives » nous faisaient en réalité sombrer dans un nouveau totalitarisme. Pas étonnant que ses promoteurs n’aient rien ménagé pour tenter de réduire au silence Jérôme Lejeune. Jean Paul II n’avait pas manqué d’évoquer ces persécutions dans le paragraphe suivant : « Le Professeur Jérôme Lejeune a pleinement assumé la responsabilité particulière du savant, prêt à devenir un « signe de contradiction », sans considération des pressions exercées par la société permissive ni de l’ostracisme dont il était l’objet. »

Le courage : peut-être la plus rare des vertus dans les  temps que nous vivons. Gageons qu’elle ne sera pas oubliée par l’Eglise dans l’examen qui lui permettra, nous l’espérons, de proclamer l’« héroïcité des vertus »  de Jérôme Lejeune.

 

 

 

Mohamed Merah, une maladie de l’islam ?

Mon « décryptage » pour le site Liberté Politique

Mohamed Merah était-il un garçon perturbé qui aurait « disjoncté », un fou isolé, un météorite tombé de nulle part ? Avait-il inventé de toutes pièces l’islam au nom duquel il a assassiné sept personnes dont trois enfants ? Doit-on caractériser son action comme le produit monstrueux d’une imagination totalement étrangère et même absolument contraire au Coran ? C’est ce que nous ont répété à satiété les responsables musulmans et, avec eux, nombre de commentateurs bien intentionnés, leur première intention étant sans doute de se rassurer eux-mêmes tout en respectant la consigne « surtout pas d’amalgame!». (Lire la suite…)

DSK, bouc… émissaire

Mais qu’est-ce qu’ils veulent tous – toutes surtout !- à ce pauvre DSK ? Mon éditorial pour Liberté Politique.

Qu’on apprécie ou pas les dessins du caricaturiste Georges Wolinski, une de ses phrases, au moins, mérite d’être retenue : « Nous avons fait mai 68 pour ne pas devenir ce que nous sommes devenus »… Devenus quoi ? Des obsédés du sexe, du fric et du pouvoir…bref des esclaves exploitant d’autres esclaves, tout sauf des hommes et des femmes libres.
Difficile d’imaginer un représentant plus emblématique de cette déchéance d’une certaine élite que Dominique Strauss-Kahn. Briantissime homme de gauche, riche, charmeur et polyglotte, deux fois secrétaire national du Parti socialiste, trois fois ministre, promis à la magistrature suprême par ses amis, par nombre de ses adversaires et par les sondeurs, nommé entre-temps à la tête du FMI avec le soutien de Nicolas Sarkozy, il aura vu son image fracassée par une matinée de trop au Sofitel de New-York. En quelques secondes, sa photo de prévenu menotté et pas rasé a fait le tour du monde. Depuis, la justice et les médias ne le lâchent plus, obligeant même les journalistes français à retrouver la mémoire ! Tout ce qu’ils savaient depuis belle lurette sur les frasques de DSK, secret de polichinelle pour le petit monde du Tout-Paris et le microcosme du Palais Bourbon, a crevé comme une bulle nauséabonde avec la plainte de la femme de chambre Nafissatou Diallo, suivie de peu en France par celle de la journaliste et écrivain Tristane Banon. L’air devient carrément irrespirable maintenant que l’affaire du Carlton de Lille débouche sur la mise en examen de DSK pour « proxénétisme aggravé en bande organisée », et cela au moment même où se joue à New York l’examen de la plainte au civil de Nafissatou Diallo … Les femmes sont au comble de l’indignation, les Français se sentent floués et définitivement ridiculisés sur la scène internationale, les socialistes ne veulent plus entendre parler de leur grand homme, et les euros-députés l’ont déclaré « persona non grata » (certains en des termes moins choisis).
Mais qu’est-ce qu’ils veulent tous à ce pauvre DSK ? N’est-il pas le modèle accompli de « l’homme libéré » tel qu’on nous l’enseignait sur les bancs de la Sorbonne au tournant des années soixante ? Souvenons-nous, chers camarades soixante-huitards : « Il est interdit d’interdire », « Jouissons sans entrave », « Libérons la force orgasmique » ! Tous ces slogans badigeonnés sur les murs du Quartier latin ne résumaient-ils pas fidèlement l’enseignement universitaire doctement dispensé à l’ombre de la statue du cardinal Richelieu, sous l’égide des nouvelles stars de la pensée,  Wilhelm Reich, Deleuze, et autres Guattari ? Avec eux, nous étions sommés de dénoncer en chœur les « tabous »judéo-chrétiens : non seulement Dieu, l’Église, l’armée, les patrons (vieilles lunes), mais la famille, l’autorité paternelle, le lien conjugal, la virginité, la pudeur et bien sûr l’hétérosexualité  . . .et même l’interdit pédophile (n’est-ce pas, Daniel Cohn-Bendit ?). Autant de « structures d’oppression », du totalitarisme ! Même la jalousie dans le couple était réputée pathologique puisqu’elle supposait une élection sentimentale ! Or l’authenticité qu’exigeait la révolution sexuelle faisait litière du sentiment : plus question de dire au « partenaire » : « je t’aime», mais «je te veux », sauf à rester englué dans l’habituel refoulement petit-bourgeois-hypocrite …
Mais voilà, l’eau a coulé sous les ponts, une eau morne et sale, dont l’état de putréfaction est décrit de façon très réaliste par les romans désespérés de Houellebecq. Aussi quand elle découvre que dans ses moments de sincérité, Dominique Strauss-Kahn désigne ses partenaires sexuelles comme du « matériel » (livré par un grand humaniste surnommé Dédé la Saumure), l’opinion est saisie d’un haut-le-cœur. Sain réflexe de la nature humaine, rébellion contre sa prétendue « libération » par les trois concupiscences du sexe, de la richesse, et du pouvoir. Voici le temps des « indignés ».  Encore un effort, et ils découvriront peut-être à temps ce qui se cache derrière les nouvelles « avancées » sociales et éthiques promises au peuple par les démagogues non moins soixante-huitards qui briguent ses voix.

Après Toulouse, l’effrayante évidence

Mon éditorial pour le site de Liberté Politique (23 Mars).
Passés le choc et le deuil de toute la nation, vient le temps des constats et des questions. Laissons de côté les polémiques sur l’intervention du RAID auquel il faut surtout rendre hommage, même s’il est permis de s’interroger sur le non emploi de gaz irritants ou endormants qui auraient (peut-être !) limité la casse et permis (peut-être !) de capturer Mohamed Merah vivant. On peut aussi être partagé entre l’admiration pour la rapidité avec laquelle nos services de renseignement ont identifié le tueur, et le fait qu’il ait pu réunir un arsenal et préparer ses forfaits alors qu’il était connu de tous ces services : de celui de l’armée, la DPSD (Direction de la protection et de la sécurité de la défense), comme de la DGSE et de la DCRI, les services de renseignements extérieurs et intérieurs, chapeautés par le Conseil national du renseignement (CNR). Bref, grâce au croisement de ces fichiers informatisés que honnit la gauche, Merah était connu comme le loup blanc, y compris de la Justice qui l’avait envoyé deux fois en prison pour de « petits délits » pas si petits que ça… (Lire la suite…)

A notre santé !

Mon éditorial pour le site de Liberté Politique

La France serait-elle devenue le pays du Malade imaginaire ? Un pays peuplé d’hypocondriaques aussi robustes qu’Argan pour résister (pas tous, pas tout le temps !) aux potions et autres clystères que leur administre une armée de Purgon et de Diafoirus ? Bien sûr, nous sommes à des années-lumière de la médecine de Molière !  Mais notre industrie pharmaceutique, qui contribue à l’essor de la recherche médicale et en tire légitimement profit, s’est enivrée du marketing. Au point d’en oublier parfois l’objet premier de son activité : favoriser ou restaurer la santé. (Lire la suite…)

Vietnam : les persécutions suivent leur cours tranquille…

Encore deux catholiques du diocèse de Vinh emprisonnés pour propagande antigouvernementale, rapporte Eglises d’Asie (14/03/2012):

Deux catholiques du diocèse de Vinh emprisonnés pour propagande antigouvernementale

Aux 17 ou 18 arrestations de jeunes catholiques du Centre-Vietnam survenues depuis la fin du mois de juillet 2011, il faut ajouter aujourd’hui les condamnations de deux autres personnes. Elles avaient été arrêtées sans que la nouvelle ne soit diffusée par les blogs ou les sites indépendants, contrairement à ce qui s’était passé pour les autres catholiques du diocèse, ou encore pour les huit paroissiens de Thai Ha dans le diocèse de Hanoi.

Leur procès, rapporté par la presse officielle (1), a eu lieu le 6 mars 2012 devant le Tribunal populaire de la province du Nghê An. Les deux catholiques du diocèse de Vinh qui ont comparu devant lui ont été condamnés : Mme Vo Thi Thuy, âgée de 50 ans, originaire de Dông Hoi (Quang Binh), a été condamnée à une peine de cinq ans de prison ferme, tandis que le jeune Nguyên Van Thanh, âgé de 28 ans, de la commune de Nghi Diên (Nghê An), écopait de trois ans de réclusion. Ils étaient tous les deux accusés de propagande antigouvernementale.

Il s’agit là d’un procès étrange où ont été amalgamées deux affaires apparemment sans lien entre elles. Selon l’acte d’accusation, le prêtre dissident Nguyên Van Ly, actuellement détenu pour « propagande antigouvernementale », aurait financé Mme Vo Thi Thuy pour qu’elle imprime et diffuse des documents antigouvernementaux et anti-Parti. Bien entendu, le prêtre dissident n’a pas été convoqué pour confirmer cette accusation. En réalité, on reprocherait surtout à l’accusée son attitude à l’époque où se déroulait le très violent conflit entre la paroisse de Tam Toa et les autorités locales au sujet de l’église paroissiale. Lors de ces événements qui ont débuté en juillet 2009, elle était alors vice-présidente du conseil paroissial de Tam Toa et avait, à ce titre, rendu de nombreux services à paroisse où elle bénéficiait de la confiance générale. Le curé de Tam Toa a fait l’éloge de son dévouement au service de la communauté catholique.

Le second accusé avait été arrêté le 7 février 2011 pour coups et blessures, une accusation qui sera par la suite abandonnée et remplacée au moment du procès. On lui a alors reproché de détenir documents s’opposant à l’Etat et au Parti.

Notes

(1) Voir le Công An Nhân Dân, organe de la Sécurité publique, du 6 mars 2012 :http://www.baomoi.com/Home/HinhSu/cand.com.vn/Xu-phat-8-nam-tu-2-doi-tuong-chong-pha-nha-nuoc/8012386.epi

Israël/Iran : la Grande Guerre n’aura pas lieu

A force d’agiter la menace nucléaire, l’Iran, Israël et ses alliés occidentaux sont pris à leur propre piège. Le risque d’un grand dérapage militaire dans la région la plus sensible du monde commence à faire froid dans le dos. Peur salutaire ? 

« Écoute-la, Cassandre ! Écoute ce bloc de négation qui dit oui ! » (« La Guerre de Troie n’aura pas lieu », Acte I, scène 9). Sans illusion, Cassandre lit l’avenir dans l’âme d’Hélène. Mais que dirait-elle des cris de guerre qu’échangent aujourd’hui Israël et l’Iran à la face du monde ? Menaces sérieuses ou rodomontades des deux camps ?

La situation très inconfortable d’Israël comme la liste de ses exploits depuis la guerre des Six jours- et notamment ses raids fulgurants  contre le réacteur nucléaire irakien Osirak en 1981 et le site nucléaire  (ou réputé tel) syrien en 2007- incitent à ne pas prendre ses avertissements à la légère. Pas plus que ne font sourire les promesses d’anéantissement que lui adresse son  ennemi iranien à travers la rhétorique apocalyptique des dirigeants de la République islamique. Khamenei et Ahmadinejad rivalisent de surenchères bellicistes accompagnées de démonstrations navales dans le Golfe persique et en Méditerranée.

Pourtant, plusieurs circonstances invitent à ne pas céder à la panique. (Lire la suite…)

Assassinat d’Agnès : on a marché sur la tête !

« Deux haruspices ne peuvent se regarder sans rire » relevait Caton l’Ancien. Pourtant, le Sénat et le peuple de Rome persistèrent longtemps à avoir recours à leurs services. Notre Justice est-elle moins crédule envers ses « experts » psychiatres (dont on s’aperçoit parfois à l’occasion de contrôles inopinés, comme récemment encore au sein des cours d’appel de Bordeaux et de Versailles, qu’ils n’ont nullement les diplômes requis…sans que leurs avis aient paru autrement extravagants).

« La science psychiatrique n’est pas une science exacte », a commenté le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant,  à propos de l’enquête sur l’effroyable assassinat d’Agnès, 13 ans, la lycéenne du collège-lycée Cévenol de Chambon-sur-Lignon par un autre élève, âgé de 17 ans. Assurément, la nature humaine, ses vertus, ses faiblesses, ses perversions, ne se mesurent pas, Dieu merci. Mais cela n’interdit pas de s’interroger sur la vision de l’homme enseignée en psychiatrie et sur les critères de la délivrance des diplômes.  (Lire la suite…)

Chambon-sur-Lignon : un psychiatre s’insurge contre les expertises

A propos de l’assassinat de la jeune Agnès, à Chambon-sur-Lignon, je m’étonnais la semaine dernière de ce qui m’apparaissait -comme à pratiquement tout le monde- une irresponsabilité stupéfiante des différents acteurs -juge, expert psychiatre, chef d’établissement, parents de l’assassin- ayant conduit au placement dans un internat mixte d’un violeur sortant de prison et en attente de jugement. Or c’était l’un des sujets de l’émission de France 5 animée par Paul Amar « Revu et corrigé » du samedi 26 novembre (19h00-20h00). Je conseille à ceux qui l’auraient manquée de la visionner (www.france5.fr/revuetcorrige/). Quel contraste entre la piteuse défausse du Président de l’Union Syndicale des Magistrats (USM) notamment face à notre confrère Francois d’Orcival (Président du comité éditorial de Valeurs actuelles) qui se faisait sans la moindre agressivité le porte-parole de la vox populi, et la très courageuse intervention du troisième invité, Paul Bensussan, expert auprès de la cour d’appel de Versailles et expert agréé par la cour de cassation. (Lire la suite…)

Communauté des Béatitudes : non, malgré tout, ce n’est pas une secte

Une nouvelle fois, l’Eglise est blessée et publiquement humiliée par des actes de pédophilie commis par l’un des siens. Le 2 décembre, le tribunal correctionnel de Rodez a condamné à cinq ans de prison Pierre-Etienne Albert, ancien chantre non ordonné de la Communauté des Béatitudes (qui compte encore aujourd’hui, après de nombreux départs, 256 laïcs, 244 sœurs consacrées, 144 frères et prêtres). Après avoir sévi en toute impunité pendant 25 ans dans la vingtaine de maisons des Béatitudes, Pierre-Etienne Albert s’est finalement dénoncé à la Justice à l’incitation d’anciens membres de la Communauté, reconnaissant des attouchements sur une cinquantaine d’enfants (38 cas étaient jugés, les autres étant prescrits ou insuffisamment établis). Mais avant que cette affaire sordide n’éclate, le Saint-Siège avait déjà entrepris de remettre sur les rails ou plutôt de refonder la Communauté des Béatitudes sous la houlette d’un dominicain, le Père Henry Donneaud, nommé Commissaire pontifical par Rome. (Lire la suite…)

Le communiqué de la Communauté des Béatitudes (15 novembre 2011)

« Un processus d’assainissement et de restructuration en cours »
« Fondée en 1973 dans l’élan du renouveau charismatique, la Communauté des Béatitudes a connu, durant ses trois premières décennies, une croissance rapide, qui l’a conduite à fonder plus de soixante dix maisons sur les cinq continents. Son dynamisme, sa ferveur, son rayonnement spirituel et apostolique, sa capacité à toucher tous les milieux, même incroyants, ont conduit les autorités ecclésiales à discerner en elle un authentique don de Dieu. En 2002, la Communauté d’alors avait été reconnue par le Saint Siège comme « association privée de fidèles de droit pontifical », avec approbation « à l’essai » de ses Statuts.
Depuis lors, sont apparus plus nettement les fragilités, les défauts, les dérives qui, sans remettre en cause la valeur d’ensemble de sa mission, ont gravement affecté sa croissance : des pratiques psycho-spirituelles mal équilibrées, une confusion dans la vie commune des différents états de vie (laïcs, consacrés), des problèmes de gouvernance, de graves délits commis par certains de ses membres. Signe certain d’un malaise profond, de nombreux membres de la Communauté, prêtres, consacrés et laïcs, l’ont quittée durant ces dix dernières années. (Lire la suite…)

« Printemps arabe » : Vous avez dit « islamistes modérés » ?

Deux électeurs sur trois ! Avec plus de 65% des voix au premier tour des législatives, un raz-de-marée islamiste vient de submerger l’Egypte, nation la plus peuplée du monde arabe (plus de 80 millions d’habitants). Les Frères musulmans prétendument «modérés »  (36,62% des voix) et les « durs » salafistes d’Al-Nour (24,36% ) se partagent -avant de se disputer- le gros du gâteau, tandis que la troisième liste islamiste, celle du Wassat réputé « encore plus modéré », remporte 4,27% des suffrages. Le même basculement d’une dictature clanique en « démocratie » islamique est à l’œuvre en Tunisie, en Libye et sans doute bientôt en Syrie, en attendant peut-être le Maroc (où le roi doit composer avec les islamistes vainqueurs aux urnes) et -pourquoi pas ensuite?-  l’Algérie.   (Lire la suite…)

Bizutage picnic

Interdit par une loi de 1998, le bizutage continue de défrayer la chronique. Quinze plaintes ont été répertoriées par le Comité national contre le bizutage (CNCB) cette année. La dernière émane d’un étudiant de Paris Dauphine agressé dans les locaux de l’université lors d’une réunion de la «Japad» (Jeune association pour la promotion des activités à Dauphine). Une fois de plus, l’alcool a coulé à flots. Le jeune homme s’est retrouvé dans un état comateux, le dos gravé avec une capsule de bouteille ! Il a porté plainte. (Lire la suite…)

Des « poissons roses »… en eaux troubles

Bien sympathiques et d’une édifiante générosité, ces fondateurs des « poissons roses » entendus sur Radio Notre-Dame (émission Le Grand Témoin du 13/12/11). Philippe de Roux, ex-UMP, « poisson pilote »,  et Nestor Dosso, conseiller municipal PS, « poisson copilote », veulent agir chrétiennement en politique : « Nous sommes des chrétiens, impatients de libérer notre parole et d’être des artisans de justice et de paix. Nous voulons rassembler toutes les personnes de bonne volonté, croyantes ou non, car le message de l’Evangile est universel», déclarent-ils sur leur site. Engagés tous deux dans l’action sociale et humanitaire, ils veulent légitimement aller plus loin : « Nous souhaitons que ce désir de changement ne se limite pas au champ de l’initiative associative mais qu’il soit à la source des décisions politiques de notre pays. » Leur ennemi, c’est « l’idéologie libérale » définie comme « un système instaurant la prédominance des intérêts économiques sur les intérêts humains et la réduction de la valeur des êtres et des choses à une valeur marchande. Les conséquences de cette pensée dominante touchent à la fois le fonctionnement de l’économie, l’équilibre de notre planète et les rapports les plus intimes entre les personnes. » (Lire la suite…)

Corée du Nord : la mort de Kim Jung-il, tyran, fils de tyran

Les scènes de désespoir populaire complaisamment mises en scène par la télévision nord-coréenne rappellent celles que  la propagande d’Etat soviétique organisa à la mort de Staline (1953). Toutefois le monde hésite à se réjouir de la mort du tyran, fils de tyran, qui a déjà un successeur : son fils ! Eglises d’Asie (19/12/2011) fait le point sur la situation de cette monarchie communiste   :

«  Kim Jung-il est décédé samedi à l’âge de 69 ans, laissant le pouvoir à son fils, Kim jong-un. L’inquiétude grandit dans la péninsule coréenne et au sein de la communauté internationale, dans un contexte de tension politique exacerbé entre les deux Corées. Cependant les membres des mouvements de réunification et les Eglises se veulent plus optimistes, espérant un retournement de situation… (Lire la suite…)

Loi sur le génocide arménien : leur tête de Turc, c’est la liberté !

Et rebelote ! Le 22 décembre, nos courageux députés (ils n’étaient qu’une cinquantaine à se « mouiller » dans l’hémicycle pour ce vote à main levé, une demi-douzaine seulement osant voter contre) ont à nouveau dégainé l’arme d’une « loi mémorielle » pour pénaliser la négation du génocide arménien de 1915. Vote irresponsable, désespérément stupide ! Se mettre à dos la Turquie -que nombre de ces mêmes élus voulaient intégrer à l’Europe !-  pour des forfaits perpétrés il y a un siècle alors que, à tort ou à raison, on  mise sur elle pour jouer un rôle stabilisateur au Moyen Orient, notamment vis-à-vis de la Syrie, cherchez l’erreur ! Mais à l’approche des élections, foin de cohérence, tout est dans la posture : il y aurait un demi-million de Français d’origine arménienne dont 100 000 à Marseille. (Lire la suite…)

Europe : des Roumains contraints de travailler le jour de Noël

Dans un communiqué , l’Association pour la Fondation de Service politique (AFSP ) membre de l’Alliance européenne pour le dimanche ( European Sunday Alliance  : ESA) relaie sa protestation contre les hypermarchés de la société allemande REAL ROMANIA :

Le Secrétariat de l’Alliance européenne pour le dimanche (European Sunday Alliance – ESA) a, le 19 décembre 2011, demandé à ses membres et à ses soutiens de se mobiliser en faveur des travailleurs des hypermarchés REAL-Roumanie. La société allemande REAL, implantée en Roumanie, avait en effet, décidé d’ouvrir ses magasins le dimanche 25 décembre et le dimanche 1er janvier. L’association pour la Fondation de Service politique proteste contre la violation de trêves que tant de pays respectent. L’association pour la Fondation de Service politique se réjouit qu’aujourd’hui REAL soit revenu sur certains de ses projets indécents mais voudrait s’élever encore contre l’ouverture de ses magasins le jour de Noël faisant travailler ses salariés lors d’une des fêtes les plus importantes au monde. C’est d’autant plus choquant que la société REAL ne peut pas conduire une telle dérégulation chez elle, en une République fédérale d’Allemagne qui protège le dimanche jusque dans sa Constitution. Avoir utilisé le chantage du licenciement, retenir les chèques de Noël pour obliger les salariés de REAL à travailler ces jours-là avait de quoi indigner profondément. C’était le propre du communisme qu’un matérialisme athée broyant la personne humaine. L’ouverture des magasins en Roumanie le jour de Noël prouverait-il qu’il n’est pas définitivement mort ?

L’Association pour la Fondation de Service politique ne considère pas que l’ouverture des magasins le jour de Noël soit une affaire strictement intérieure à la Roumanie, et entend s’impliquer dans cette bataille en raison de la dimension européenne qu’elle comporte ; c’est l’identité de l’Europe qui est aussi en jeu.

NDLR Le matérialisme libéral a pris efficacement la relève du matérialisme communiste en Europe. Il n’est pas moins déshumanisant -et d’autant plus pernicieux qu’il se présente sous les traits souriants du « libre » consumérisme .

Vietnam : kidnapping d’Etat contre les chrétiens

L’arrestation d’un jeune catholique de Vinh revêt toutes les apparences d’un kidnapping, révèle l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris (MEP)  Eglises d’Asie (28 décembre 2011) – Les festivités de Noël n’ont pas empêché les agents de la Sécurité publique de poursuivre leur campagne d’arrestations dans les milieux de la jeunesse catholique, une campagne entamée depuis la fin du mois de juillet dernier. Un nouveau nom vient de s’ajouter à la liste des quinze personnes déjà « enlevés » sans mandat d’arrêt par les services de la Sécurité publique. …

… pour lire la suite, cliquer sur le lien ci-après : http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud-est/vietnam/l2019arrestation-d2019un-jeune-catholique-de-vinh-revet-toutes-les-apparences-d2019un-kidnapping/view

Nigéria : le Noël sanglant des islamistes

La secte Boko Haram, liée à la branche maghrébine d’Al-Qaïda, revendique les attentats antichrétiens qui ont de nouveau endeuillé le Nigéria à Noël. L’état d’urgence a été décrété.

« La cruauté d’une haine absurde et aveugle » : c’est ainsi que le P. Federico Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège, a qualifié l’attaque meurtrière (une cinquantaine de morts) dont ont été victimes les fidèles qui sortaient de la messe de Noël en l’église catholique sainte Bernadette à Madalla, en périphérie d’Abuja, la capitale fédérale du Nigéria  (située au centre du pays, Abuja a remplacé Lagos comme capitale en 1991). (Lire la suite…)

De la France de Jeanne à la nôtre

[Mon éditorial pour le site de Liberté Politique, mis en ligne le 6 janvier]

Alors que la France se souvient in extremis de fêter le 600e anniversaire de la naissance de Jeanne d’Arc, avec la visite à Domrémy du chef de l’Etat ce vendredi, n’y aurait-il pas, malgré ce gouffre de six siècles, quelque analogie entre ce qui advint alors et ce que nous vivons aujourd’hui ? Relisant le Jeanne d’Arc de Régine Pernoud (Seuil), je note au passage : 1) que l’époque (XIVe -début du XVe siècle) était des plus sinistres : « époque de misère générale pour l’Occident », enchaînant famine, peste noire (la première pandémie européenne avec des foyers résurgents pendant un siècle), guerre ‘de Cent ans’  et troubles sociaux. 2°) que la ruine économique faisait du peuple la proie des usuriers, au risque pour ceux-ci d’être périodiquement victimes de révoltes d’ « indignés » ; 3°) que la tragédie parut consommée pour le Royaume avec l’arrivée sur le trône de Charles VI, qui avant d’être atteint par la maladie qui le fit surnommer « le fol », « présentait tous les défauts de cette race des Valois, brouillonne, têtue », « sans esprit de suite », et « n’ayant de goût que pour les exploits éclatants et les fêtes ruineuses », penchant fort répandu dans l’aristocratie en ces années « bling-bling » ; 4°) que l’autorité royale fut mise à mal par les rivalités des grands feudataires qui auraient dû s’unir pour la soutenir, au lieu que leurs querelles incessantes livrèrent la France à l’ennemi. (Lire la suite…)

Regain de mobilisation pour Asia Bibi


Honneur à Radio Notre-Dame qui a consacré, le 11 janvier une troisième émission (« Le grand témoin »  à Asia Bibi. Chacun devrait connaître le nom de cette chrétienne catholique pakistanaise, mère de famille nombreuse (cinq enfants dont une fille handicapée), arrêtée en juin 2009 pour « blasphème », condamnée à mort en novembre 2010 et détenue depuis dans des conditions épouvantables, dans la prison de Sheikpura (Penjab). Une cellule sans fenêtre, a rappelé la journaliste Anne-Isabelle Tollet, (auteur de « Blasphème, Asia Bibi » Oh! Editions, dont les droits d’auteurs font vivre la famille d’Asia), et si exigüe que la prisonnière peut toucher sans se déplacer les murs opposés. Une cellule glacée en cette période hivernale très rigoureuse au Penjab (Lire la suite…)

Pakistan : La situation de l’enseignement catholique se dégrade au Pendjab

Eglises d’Asie (12 janvier 2012 ) rapporte que de récents évènements viennent contredire la version officielle d’une amélioration des relations entre l’enseignement privé et l’administration du Pendjab (ou Penjab), province du Pakistan où se concentre l’essentiel des établissements catholiques du pays (et où Asia Bibi est emprisonnée -voir article suivant)… pour lire la suite, cliquer sur le lien ci-après : http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud/pakistan/la-situation-de-l2019enseignement-catholique-se-degrade-au-pendjab

 

Naufrage du Concordia : plus révoltant que celui du Titanic!

Journal de Léon Bloy, 17 avril 1912 : « Les journaux sont remplis de la catastrophe du Titanic [le naufrage a eu lieu dans la nuit du 14 au 15 avril], le plus immense des  transatlantiques. Dès son premier voyage, il vient d’être éventré par un iceberg. Un millier d’hommes à peine ont pu être sauvés [environ 700]  sur quatre mille environs [en réalité 1 324 passagers et 889 membres d'équipage] que portait ce bâtiment diabolique chargé de richesses. Des milliardaires ont été noyés. Un luxe inouï les environnait, en même temps qu’il y avait, à fond de cale, une sorte d’enfer pour les pauvres émigrants. »
Un siècle plus tard, à trois mois près, tout le monde évoque le naufrage du Titanic à propos de celui du Costa Concordia. (Lire la suite…)

Japon : Retour à Fukushima

Une actualité chassant l’autre, on a eu vite fait d’oublier la catastrophe provoquée par le tsunami du printemps dernier au Japon. Qu’en est-il notamment du péril nucléaire ? Eglises d’Asie (30 janvier 2012) se fait l’écho de témoignages saisissants sur les conditions d’un « sauvetage » qui est loin d’être acquis.
Depuis mars 2011, de nombreux experts du nucléaire se sont exprimés au sujet de la catastrophe nucléaire de Fukushima. Bien plus rares sont les acteurs et victimes du drame à avoir pris la parole. Rencontre avec un « liquidateur » et de simples riverains de Fukushima. Leurs témoignages sont comme des échos à ceux de travailleurs de Tepco recueillis dix ans plus tôt, lors d’une enquête sur la sous-traitance dans le nucléaire japonais (1).  

… pour lire la suite, cliquer sur le lien ci-après :   http://eglasie.mepasie.org/asie-du-nord-est/japon/pour-approfondir-retour-a-fukushima

 

Printemps arabe ou débâcle générale ?

L’enthousiasme naïf de l’opinion occidentale pour la révolution démocratique du « printemps arabe » et l’espoir de sa propagation en « terre d’Islam » se sont beaucoup refroidis.
Bains de sang en Syrie, impuissance des islamistes « modérés » au pouvoir en Tunisie -harcelés par les salafistes- à contenir l’explosion du chômage et de la corruption, affrontements sanglants en Egypte ballotée entre les frères musulmans, les ultras et l’armée en embuscade, affrontements claniques et anarchie en Libye, combats sans merci entre chiites et sunnites en Irak, guerre civile au Yémen, tensions entre l’Iran et les Pays du Golfe (sunnites), guerre froide entre l’Iran, Israël, l’Amérique et ses alliés occidentaux, déroute de ces derniers en Afghanistan, collusion du Pakistan avec les  talibans afghans…
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L’anonymat sur Internet est-il catho-compatible ?

Sur Padreblog, une utile mise au point de l’abbé Pierre Amar à l’intention de certains internautes d’autant plus ardents à polémiquer qu’ils se réfugient derrière l’anonymat :

« Celui qui avance masqué est souvent un autre homme.

Au téléphone, les enfants farceurs le réalisent très vite. Les plus grands le constatent en voiture ! Sur le bitume, dans l’anonymat confortable qu’offre l’habitacle de sa voiture, l’homme civilisé devient vite … un parfait goujat.

Osons le dire : l’anonymat défoule. Depuis toujours. Et les routes d’Internet n’ont pas échappé aux mêmes dérapages … (Lire la suite…)

Libye : l’arbitraire et la terreur

Comme c’était malheureusement prévisible, la guerre civile libyenne est loin de s’être achevée avec la mort de Kadhafi. Après la dictature, voici le règne des miliciens.

On estime à 125 000 les Libyens n’ayant pas déposé leurs armes. La capitale, Tripoli, est livrée aux milices – plus de 120 ! Quand ils ne règlent pas leurs comptes à l’arme lourde, les miliciens quadrillent la ville nuit et jour, enlèvent qui bon leur semble, y compris, bien entendu, des jeunes filles.
Originaires de Misrata, de Zentane ou de Nalout, les villes qui furent en pointe dans la lutte contre Kadhafi, une douzaine de  chefs de guerre se défient et s’affrontent, chacun estimant que ses mérites de « libérateur » le désignent comme patron. Au grand dam du Conseil national de transition (CNT) dont l’impuissance laisse augurer un scrutin tumultueux lorsqu’il s’agira d’élire l’Assemblée constituante en juin. (Lire la suite…)

Syrie : un air de guerre d’Espagne

L’internationalisation de la guerre civile syrienne et les passions qu’elle suscite évoquent l’atroce guerre civile espagnole de la fin des années trente.
Après un an d’insurrection, la Syrie occupe presque quotidiennement la une de l’actualité internationale. La cause des opposants au régime est massivement soutenue par les medias occidentaux. Si le tour pris par les évènements en Egypte, en Tunisie et Lybie a fait naître certaines réserves sur « le printemps arabe », rien de tel encore s’agissant de la Syrie. Les passions s’exacerbent devant l’extrême férocité de la répression exercée par le régime de Bachar el-Assad (qui n’épargne ni les enfants, ni les blessés, ni les médecins qui les soignent), et l’impuissance des occidentaux à intervenir face aux vétos russe et chinois à l’ONU. Après avoir été tenues pour responsables de la mort du reporter français Gilles Jacquier, touché par un obus à Homs le 11 janvier dernier alors qu’il opérait dans le camp des partisans du régime, les autorités de Damas sont à présent accusées de la mort, le 22 février, d’un second reporter-photographe français et d’une journaliste américaine entrés clandestinement à Homs pour couvrir la guerre du côté des insurgés. Mutatis, mutandis, ce climat évoque celui de la guerre d’Espagne. Dans un cas comme dans l’autre, les grandes puissances s’affrontent et se neutralisent, aujourd’hui à l’ONU, jadis à la SDN, des « brigades internationales » -en l’occurrence sunnites- s’engagent dans un camp, tandis que l’opinion publique occidentale est appelée à compatir et quasiment à militer pour la cause des « bons » massacrés par les « méchants », sans se poser plus de questions sur les menées des insurgés syriens que sur celles des républicains espagnols. (Lire la suite…)

Afghanistan : vers une déroute à la vietnamienne

Après dix ans de guerre et d’occupation, la coalition conduite par l’Otan en Afghanistan se dirige inexorablement vers une issue semblable à celle de l’intervention américaine au Vietnam.

A croire que l’Histoire n’instruit guère : après avoir eu raison alternativement des Anglais et des Russes au cours des deux siècles passés, l’opiniâtre résistance afghane à toute présence étrangère se manifeste une nouvelle fois par une déroute, celle des Américains et de leurs alliés. Le sentiment antiaméricain n’a jamais été aussi fort dans la population en dix ans de conflit, à cause des bavures de l’Otan qui font régulièrement des victimes civiles, et de diverses affaires de profanations ou d’actes jugés blasphématoires à l’encontre de l’islam, comme en Irak. (Lire la suite…)

SOS « Mademoiselle » : la 5575/SG veut sa peau !

De Mam’zelle Clio à Mademoiselle K,  pour rester dans la chanson, en passant par la mode avec Mademoiselle Chanel (Coco), sans oublier l’Histoire avec la Grande Mademoiselle (entre autres), faudra-t-il à toutes donner du « Madame » ?

« Mademoiselle » se meurt, « Mademoiselle » est morte, tuée ou du moins condamnée à mort par la circulaire n° 5575/SG du 21 février 2012. Signée du Premier ministre (pas moins !) et adressée aux membres du Gouvernement concernés et aux préfets, elle invite ceux-ci à « donner instruction » à leurs administrations « d’éliminer autant que possible de leurs formulaires et correspondances les termes « Mademoiselle », « nom de jeune fille », « nom patronymique », « nom d’épouse » et « nom d’époux », en leur substituant respectivement les termes « Madame », « nom de famille » et « nom d’usage » ». « Mademoiselle » trahissant l’état de vie d’une personne du beau sexe quand le mâle, lui, reste uniformément « Monsieur », cette appellation horriblement sexiste et discriminante ne saurait être plus longtemps tolérée par les oreilles si délicates de notre époque ô combien raffinée…
Toutefois les formulaires déjà édités pourront être utilisés « jusqu’à épuisement des stocks » (par les temps qui courent, il n’y a pas de petites économies).
Ouf, on respire ! On peut croire en effet que le peuple qui, après tout, forge la langue, dispose lui aussi de suffisamment de stocks  de bon sens et d’humour pour ne pas donner du « madame » à une adolescente de 15 ans. Et de poésie aussi :
« Dedans Paris, ville jolie,
Un jour, passant mélancolie,
Je pris alliance nouvelle
À la plus gaie damoiselle
Qui soit d’ici en Italie. » (Clément Marot 1496-1544)
Humour et poésie ! Deux remèdes à prescrire d’urgence aux  « chiennes de garde » et autres féministes* que le gouvernement a voulu flatter.

*Pas toutes, heureusement : forte d’un sondage Ifop montrant que le sujet n’est jugé important que par 5% des sondées, la  présidente de l’association Paroles de femmes juge que « c’est un combat d’arrière-garde. Cela ne m’a jamais gênée d’être appelée mademoiselle! Ce n’est vraiment pas la priorité».

 

Pakistan : Shahbaz Bhatti, nouveau « martyr de la foi »

L’Eglise demande que Shahbaz Bhatti assassiné il y a un an, soit reconnu ‘martyr de la foi ‘ annonce Eglises d’Asie.

L’Eglise demande que Shahbaz Bhatti assassiné il y a un an, soit reconnu 'martyr de la foi '

« Le 2 mars 2011, Shahbaz Bhatti, 42 ans, ministre fédéral des Minorités, était abattu dans sa voiture à Islamabad (1). Le meurtre était revendiqué par le Tehrik-e-Taliban Pakistan, mouvement terroriste proche d’Al-Qaida, accusant le ministre de s’être « opposé à la loi anti-blasphème »et d’avoir défendu la chrétienne Asia Bibi (2).

Shahbaz Bhatti, ministre des Minorités depuis 2008, seul catholique au sein du gouvernement pakistanais, savait qu’il était menacé de mort, comme l’avaient révélé ses proches après son décès. Depuis l’assassinat deux mois auparavant, pour les mêmes motifs, de Salman Taseer, gouverneur du Pendjab et musulman (3), le ministre catholique était devenu la nouvelle cible des extrémistes. Alors qu’il venait, sous la pression des Etats-Unis, d’être reconduit en février 2011 à son poste menacé de suppression en novembre 2010, Shahbaz Bhatti avait pourtant continué ses démarches en faveur de la libération d’Asia Bibi, remettant notamment au Premier ministre une pétition demandant la grâce présidentielle pour la condamnée. Le ministre savait par ailleurs qu’une fatwaavait émise contre lui, depuis que le président lui avait demandé de former un comité pour lutter contre l’utilisation de la loi anti-blasphème à des fins personnelles ou politiques.

Son meurtre avait révélé les convictions chrétiennes profondes d’un homme qui essuyait encore peu avant sa mort,  les critiques de certains militants et hommes d’Eglise – dont les membres du All Pakistan Minorities Alliance, parti qu’il avait fondé -, lui reprochant de ne pas oser défendre véritablement la cause des minorités et d’être inféodé au gouvernement (4).

Un an plus tard, c’est cependant l’ensemble de la communauté catholique qui lui rend hommage, demandant unanimement que soit introduite sa cause en canonisation. (Lire la suite…)

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

 Variations sur le PSAUME 22

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné

En repoussant le cri de ma détresse ?

Loin de tes yeux, le soleil s’est fané,

Et dans la nuit le silence m’oppresse.

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?

Puisqu’à jamais tu vis au sanctuaire,

Te souvient-il qu’une ardente prière

Fléchit ton cœur pour les fils d’Israël ?

Précipitant Pharaon aux abîmes,

Tu dédiais ses dépouilles opimes

Au peuple élu qui pleurait vers le ciel.

Moi, j’ai les yeux taris, je ne suis plus un homme,

Rien qu’un insecte aux mains d’enfants perdus,

Raillant :-Voyons donc si celui qu’il nomme

Son Dieu, l’arrache au poteau des pendus !

Moi, j’ai les yeux taris, je ne suis plus un homme !

Et toi, printemps bruissant dans l’éther,

Qui fis germer la graine de ma chair

Pour tourmenter la plus pure des femmes,

Fuis désormais et ne retourne plus !

Vous, cieux et mers, suspendez votre flux!

Le moissonneur livre son blé aux flammes…

Si Dieu même faillit, où chercher le secours

Quand l’escadron de Bachân m’environne ?
Fors les lions, les serpents, les vautours,
Qui prendrait soin de ce roi sans couronne ?
Si Dieu même faillit, où chercher le secours ?

Comme un lambeau d’écume sur la houle,

Ma peau se tord, s’étiole et se coule

Le long des os rongés par trop de fiel;

Tel un rictus sous mon sein, une entaille

Bave le pus dont la mort fait ripaille

Au lit cendreux et pestilentiel.

Ils ont pris mes habits et tiré ma tunique

Comme un essaim maraudeur de fripiers,

Après avoir tant joué de la pique

Qu’ils m’ont creusé les poignets et les pieds ;

Ils ont pris mes habits et tiré ma tunique.

Mais toi, mon Dieu, ma force, hâte-toi !

Sauve mon âme en cette nuit d’effroi,

Des chiens errants qui hurlent sous la lune

Contre ma vie, et du fauve aux aguets,

Car le lion et les chiens font la paix

Pour assouvir leur plus vive rancune.

Tous verront ton salut quand le jour paraîtra :

A Sion, ceux de la race adultère,

Vivants et morts, le peuple qui naîtra,

Les nations aux confins de la terre…

Tous verront ton salut quand le jour paraîtra !

Philippe Oswald